Bibliothèques universitaires françaises et réseaux sociaux

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BU et réseaux sociaux

« Le fait aujourd’hui pour une bibliothèque universitaire, de posséder un site web ne garantit plus que son catalogue soit consulté et qu’une communication puisse être établie avec les usagers inscrits et potentiels. »

Il lui faut désormais investir les réseaux sociaux, nouvelles portes d’entrée sur le Web.


La fin d’un modèle

Le développement des outils et plateformes 2.0 (techniques, fonctionnalités et usages du web caractérisés par une participation des internautes en tant qu’acteurs) a remis en cause la pertinence des sites web de bibliothèques universitaires (BU) lorsqu’elles en possèdent.

L’information n’est plus seulement mise à disposition par la bibliothèque de l’université. Elle peut désormais être enrichie par ses partenaires, commentée par les étudiants et reprise par d’autres acteurs.

La manière d’apprendre des étudiants et les méthodes de recherche de l’information s’en sont trouvées transformées.

Leurs perceptions de la BU ainsi que leurs rapports avec ses représentants (bibliothécaires…) ont également évolué.

Il en résulte que le fait aujourd’hui pour une bibliothèque universitaire, de posséder un site web ne garantit plus que son catalogue soit consulté et qu’une communication puisse être établie avec les usagers inscrits et potentiels.

L’avènement des réseaux sociaux

Ces publics que les bibliothèques universitaires souhaitent capter sont désormais ailleurs, au sein de communautés virtuelles. Il s’agit de réseaux sociaux, à savoir «des dispositifs informationnels et communicationnels», outils d’expression et d’échange affranchis de contraintes physiques et sociales dont le but est de favoriser la rencontre d’individus partageant des intérêts communs.

Ces réseaux sociaux, dont Facebook, Youtube et Twitter sont les plus représentatifs, compte des millions d’utilisateurs en France et dans le monde et se caractérisent par une simplicité d’utilisation, une rapidité des échanges et un caractère nomade.

Divers et variés, ils proposent tous un profil utilisateur privé ou public, une fenêtre de messagerie instantanée, un journal ou une page d’accueil permettant de publier ou commenter du contenu, une boîte de messagerie pour les échanges privés,  un moteur de recherche d’amis ainsi que des paramètres dont ceux de confidentialité.

Ils sont devenus une porte d’entrée sur le Web dont les BU doivent user si elles souhaitent rétablir  un lien avec leurs publics et en attirer de nouveaux.

Les réseaux sociaux sont également un moyen pour elles de valoriser leurs collections, développer des services en phase avec les attentes de leurs publics, faciliter les échanges entre étudiants et le partage de l’information.

Les bibliothèques universitaires à la conquête des réseaux sociaux

Dès 2013, une enquête du blog Insula de la Bibliothèque des Sciences de l’Antiquité de l’Université Lille 3 a montré la prise en compte de cet enjeu par les bibliothèques. D’autres études ont suivi qui confirment cette tendance.

facebook_bib

La présence initialement modeste des bibliothèques universitaires s’est considérablement développée, se hissant désormais à la deuxième place des établissements les plus représentés sur Facebook.

Cela leur a permis de générer du contact, de l’engagement, des nouveaux «followers» (personnes qui suivent l’actualité d’un compte sur un réseau social) et de l’intérêt pour l’institution, ses collections et ses services.

Cette évolution s’explique notamment par des publications plus nombreuses et régulières dont le champ s’étend à des sujets non circonscrits à l’actualité des bibliothèques universitaires (résultats de veilles thématiques…).

On peut également noter une meilleure maîtrise des techniques de communication des équipes en charge des publications avec notamment l’adoption d’une ligne éditoriale, une interaction (réponse, retweet…) accrue avec les usagers et les autres acteurs des réseaux sociaux (recommandations de posts intéressants…).

Les bibliothèques universitaires se sont en outre pour certaines affranchies du lien avec l’université en adoptant un avatar et une dénomination propre comme la Bibliothèque universitaire des Langues et Civilisations de l’Université Paris 13 (@B_U_LA_C).

Pour conclure

Il s’agit d’une évolution positive malgré une certaine hétérogénéité des usages :

  • certaines BU ne disposent en effet pas de site web et/ou de comptes sur les réseaux sociaux,
  • d’autres BU ne créent de comptes que sur un seul réseau social en privilégiant le plus populaire,
  • à ce jour, les BU se concentrent essentiellement sur les réseaux sociaux grand public (Facebook, Twitter) leur permettant de gérer leur relation avec le plus grand nombre sans distinction de catégorie.

Elles investissent peu d’autres types de réseaux sociaux auxquels la particularité des universités leur donne pourtant accès :

– les réseaux sociaux académiques qui permettent la mise à disposition de contenus pédagogiques ou de recherche.

Academia.edu en est un exemple, il s’agit d’une plateforme communautaire universitaire où les membres peuvent partager leurs productions et se rapprocher de membres et d’internautes aux sujets de recherche proches.

OpenStudy (désormais «Brainly») en est une autre, plateforme collaborative mondiale qui réunit plus de 100 000 étudiants de 170 pays dans tous les domaines académiques.

les réseaux sociaux internes qui permettent des collaborations entre des acteurs fédérés par un projet commun, favorisant une connaissance mutuelle des collaborateurs. Ceux-ci sont particulièrement développés dans le monde de l’entreprise avec des exemples comme Bluekiwi, Jive, Chatter… .

Thérèse K.


Sources :

Bouchard, A. « Où en est-on des réseaux sociaux académiques ? ». UrfistInfo. 15 Mai 2015. Lire l’article

Clapaud, Alain. « Comparatif : 5 plateformes de réseaux social d’entreprise au crible». Journal du Net (JDN). 7 Septembre 2015. Lire l’article

Gaillard, Romain. « Twitter en bibliothèque : Comparatif des statistiques et des pratiques ». Bulletin des Bibliothèques de France (BBF).  Enquête / 11 Juin 2015. Lire l’article

Hugot, Christophe. « Bibliothèques universitaires et Twitter ». Insula. 18 Novembre 2013. Lire l’article

Hugot, Christophe. « Tableau 2014 des bibliothèques universitaires sur Twitter». Insula. 18 Novembre 2014. Lire l’article

Hugot, Christophe. « Tableau 2016 des bibliothèques universitaires sur Twitter». Insula. 13 Décembre 2016. Lire l’article

Kouakou, Kouassi Sylvestre. « Réseaux sociaux numériques : quels enjeux pour les bibliothèques ?». Cahiers de la documentation 2014/2. Janvier 2014. Lire l’article

Mocquet, Bertrand. « L’usage du micro-blogging Twitter dans l’enseignement supérieur et la recherche». L’Etudiant. 10 Mars 2013. Lire l’article

Texier, Bruno. « Comment les bibliothèques communiquent sur Facebook». Archimag. 5 Septembre 2016. Lire l’article

« Universités et Réseaux Sociaux». Capgemini Consulting. 1er Avril 2012. Lire l’article

Images :

1. Library Journal – Professional Development

2. Archimag.com

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